Charles Soret charles.soret@centrefrance.com
Il n' y a que ceux qui le voyaient errer en CFA ces derniers mois pour mesurer aujourd'hui l'étendue du chemin parcouru par Alain Traoré.
Jusqu'à samedi, l'international burkinabé ne comptait qu'une titularisation en Ligue 1. C'était en 2006. Il s'était contenté depuis de quelques apparitions. Cette parenthèse de quatre ans, juste interrompue par un prêt de six mois à Brest, se résumait à celle d'un quelconque joueur de CFA.
Traoré ne voyait pas le bout du tunnel. Avec en tête un départ comme seul échappatoire. Le Mans le contacte cet été. Il a une autre proposition. Elle vient d'Auxerre et elle est ferme. « Maintenant, soit tu te bouges pour devenir un bon joueur de Ligue 1. Soit tu baisses les bras, et tu deviendras un joueur de L2 ou National. »
Relancé face au Real
Ces mots-là sortent de la bouche de Jean Fernandez, au détour d'une conversation improvisée, début septembre, dans le bureau de l'entraîneur auxerrois. A un an de la fin de son contrat, Traoré perçoit un déclic. « Le coach n'était vraiment pas content de moi, jure le milieu de terrain. En sortant de son bureau, j'étais presque gêné. »
Gêné de ne pas lui avoir rendu la confiance qu'il avait placée en lui. « J'ai vraiment pris conscience que je l'avais trahi. S'il ne me donnait pas ma chance, c'est que je ne faisais pas tout pour jouer. Je suis conscient d'avoir perdu deux ans et je repars à zéro », confesse Traoré qui assure « avoir écouté et compris le message ».
« J'ai perdu deux ans »
En le relançant face au Real Madrid et en le titularisant quatre jours plus tard à Avignon (4-0), Jean Fernandez lui a envoyé « un signe fort ». « C'est un garçon qui a du talent mais il a beaucoup galéré. Il fallait qu'il se réveille. »
Il est encore trop tôt pour affirmer que Traoré a honoré cette deuxième chance. Néanmoins, sa prestation de samedi, ponctuée de son premier but en Ligue 1, ne peut être considérée autrement que comme une réponse positive. « Il a été bon offensivement et dans le repli défensif », juge Fernandez.
La volonté récompensée, à l'image de Langil et Ndinga, ses deux acolytes d'une génération 88 qui commence à s'affirmer. « Avec Steeven et Delvin, on a tout fait ensemble. Les voir devenir titulaires et pas moi, ça m'a rendu fou. Quand j'ai déconné, ils m'ont aidé. »
Avant la rencontre, Ndinga lui a lancé un « lâche-toi ». Un coup du sombrero sur Piocelle avant ce but du droit, et le gaucher est reparti, plein de confiance.
Il a maintenant six mois pour devenir un bon joueur de Ligue 1. Sinon, il devra sans doute aller chercher une place en Ligue 2 ou en National.














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